Accès aux droits, accès à la langue française (Colloque du 23 nov. 2013)

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Accès aux droits, accès à la langue française (Colloque du 23 nov. 2013)
Accès aux droits, accès à la langue française (Colloque du 23 nov. 2013)
Accès aux droits, accès à la langue française (Colloque du 23 nov. 2013)

Trois interventions Colloque accès à la langue française du samedi 23 novembre à Vaux le Pénil

colloque – Accès aux droits – la langue française facteur d’intégration

Jean-Marie BONNEMAYRE : MEMBRE du Haut Conseil de la Famille, PRESIDENT DU CNAFAL

Le CNAFAL est membre fondateur de l’association pour le droit d’accès à la langue du pays d’accueil et membre fondateur de la coordination pour le droit de vivre en famille. De même, il a ouvert, il y a 20 ans, un bureau d’accès aux droits pour les familles migrantes.

La famille est un gage de bonne intégration dans le pays d’accueil. Les premiers hommes ont été nomades pendant des centaines de milliers d’années. La durée de l’immigration a été permanente. Nous avons tous des origines indo européennes.

La sédentarisation de l’homme ne se fait qu’à partir du moment où il invente l’élevage, l’agriculture.

On voit bien que le moment où il se « pose » est tout à fait récent. Les premières villes sont fondées dans les vallées des grands fleuves, il y a 8000 -10 000 ans, Tigre, Euphrate, Indus, Gange. La sédentarisation amène l’accumulation des provisions, donc de richesses, de capital donc de convoitises et les premières guerres avec « enjeu territorial ». Des empires émergent et disparaissent puis les Monarchies.

La césure c’est la déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui repose d’une toute autre manière la question de la citoyenneté et des origines : tu es citoyen français si tu croies aux valeurs de la République.

Lors de la Convention, 17 députés étrangers ont participé à la constitution des lois de la République.

A la fin du XIXème siècle, la France est en situation d’effondrement démographique. Elle « importe » de la main d’œuvre de l’ensemble des pays européens : Belges, Italiens, Allemands

Les apports migratoires :

Les français sont épuisés par la première guerre mondiale tous les hommes de 18 à 30 ans sont au Front ... A partir de là, il y a un besoin de main d’œuvre. Il y a un apport massif des étrangers, en particulier des italiens qui subissent la famine. La Belgique représente 40 à 50% de la population immigrée dans certaines villes du Nord de la France.

La 1ère guerre mondiale est une 1ère étape. La France et l’Angleterre, deux grands empires mondiaux, font appel à toutes les ressources de leur empire colonial.

700 000 Africains viennent se battre dans les tranchées françaises sans compter les portugais et les italiens.

Les hommes étant au front il fallait trouver de la main d’œuvre. 300 000 Indochinois prêtent main forte dans les arsenaux. Mais aussi des Algériens, des Marocains …

Entre les deux guerres le flux migratoire continue.

Lors de la seconde guerre mondiale, nouvel apport d’immigrés. Place forte de la Résistance, le Midi, de nombreux républicains espagnols ont repris du service dans le maquis. Citons le groupe de résistants MOI (Main d’œuvre immigrée) animé par Manouchian …

L’intégration ca marche.

La question récurrente est celle de l’intégration républicaine et de la laïcité.

L’idée de partager la langue française est importante pour le Général de Gaulle qui souhaitait lutter contre l’américanisation d’où la francophonie. En 2050, 1 milliard de locuteurs français grâce à l’Afrique Noire.

Il est important que par de là la langue se transmette autre chose. La langue c’est autre chose que de la communication. C’est des sentiments, des émotions, une conception du monde, une manière d’être au monde. Emile Benveniste, le grand linguiste disait : « C’est notre seconde peau : A la fois protection et respiration donc échange avec le monde extérieur».

L’Etat met très peu de moyen en place pour permettre d’organiser des cours sur la culture française et le droit de la famille, l’organisation de la République.

D’autres pays n’ont pas la même attitude :

Le Portugal met tout sur l’intégration : droit à l’apprentissage de la langue et de la culture portugaise sans limite d’âge et de durée.

La problématique de l’immigration ne s’arrêtera jamais, il faut s’y préparer, particulièrement en Europe avec le vieillissement de la population.

Guylain CHEVRIER : Président CDAFAL 94

Pour l’accès à la naturalisation, il est nécessaire d’avoir acquis la langue et les valeurs de la République. La langue permet l’accès à des responsabilités, à un intérêt collectif.

A travers nos institutions, la langue est un facteur d’unicité. La République est indivisible, les lois sont les mêmes pour tous.

La Sécurité Sociale est valable pour tous. Tout le monde en bénéficie.

Par delà des droits politiques, on a aussi une citoyenneté civique :

Dans la convention internationale des droits de l’enfant de 1989, l’article 30 prévoit un accès à la langue. Il rappelle qu’il n’y a pas de droit communautaire. Le Conseil d’Etat rappelle à propos de la charte régionale que l’unicité de la nation justifie la place de la langue française.

A souligner que la France est le pays qui connait le plus grand nombre de couples mixtes.

LES DEBATS

Françoise CARDAIRE – Association Espoir CFDJ

L’association Espoir est active dans les domaines de l’action éducative pour les jeunes mineurs et majeurs, la protection de l’enfance et de l’adolescence.

Ce service a été mis en place en 2000. Cette association est dédiée aux jeunes en danger et aux familles en grandes difficultés.

Il faut savoir d’où viennent ces jeunes ? Pourquoi certains ne parlent pas du tout la langue et comment faire pour les intégrer ?

Nous intervenons à la demande des magistrats, de la protection judiciaire. C’est tout un travail d’investigation qui se fait. : 34 nationalités différentes sur ces populations.

Les difficultés rencontrées : la scolarisation

ð Il est difficile d’extraire les enfants des camps dans lesquels ils vivent pour les scolariser.

ð Les conditions précaires

Tous ces phénomènes n’aident pas à la scolarisation. Des bénévoles sont demandés pour apprendre le français à l’intérieur même de ces camps.

Des ateliers extérieurs ont été mis en place mais leur fréquentation n’est pas régulière. Certains adultes voudraient apprendre le français.

Délégué auprès du procureur, un travail est fait avec les demandeurs d’asile en particulier les Tchéchènes.

Les demandeurs d’asile déboutés restent 2 ans sur le territoire.

Pour les enfants : comment arriver à coordonner les services qui travaillent pour l’intégration. Les enfants sont souvent absents à l’école, par conséquent ils ne comprennent pas les consignes, ne maîtrisant pas la langue.

Il est proposé des cours d’alphabétisation à la carte par petits groupes. Pour les adolescents il serait utile d’avoir des ordinateurs pour pouvoir travailler le français

Pour les plus jeunes qui arrivent en primaire l’apprentissage de la langue va très vite.

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