Colloque du 13 décembre 2012 : Intervention de Serge Le Glaunec (CGT)

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Colloque du 13 décembre 2012 : Intervention de Serge Le Glaunec (CGT)

"l'Association droit à la langue du pays du pays d'accueil" vous invite à son colloque

le jeudi 13 Décembre 2012 de 09h à 18h la Salle saint Bruno, 9 rue Saint Bruno,Paris 75018

sur le thème "formation linguistique et formation professionnelle".

Sur quel levier agir, pour rendre effectif le droit à la formation linguistique?

Intervention de Serge Le Glaunec (CGT) au colloque « Formation linguistique et formation professionnelle » organise par le DRAL le Jeudi 13 décembre 2012

En préambule je souhaiterai me situer et donc situer mon intervention. Historiquement les enjeux des langues au travail, du plurilinguisme et de l’illettrisme ont été porté par l’activité que je représente ici aujourd’hui, à savoir l’activité de politique culturelle. La Cgt posant ces questions avant tout dans le cadre d’un regard globale sur la démocratie culturelle.

Pour la Cgt, l’enjeu des langues à l’entreprise est inscrit dans cette réflexion plus large de la reconnaissance des cultures de chacun dans l’objectif d’en favoriser l’appropriation, l’expression et leur confrontation, leur mise en partage. Bien sûr ce n’est pas l’objet de notre débat, pour autant, chaque fois que nous sommes conduits à réfléchir à des outils d’intégration des personnes d’origine étrangère, il nous faudrait toujours commencer par rappeler combien la diversité de cultures, de représentations et donc de mises en œuvre de modes opératoires est une richesse dont l’entreprise devrait savoir profiter et reconnaître.

Le titre de cette table ronde nous invite à un état des lieux de l’application de la loi du 4 mai 2004.

En effet l’article L6111-2 du code du travail stipule que « Les actions de luttes contre l’illettrisme et en faveur de la l’apprentissage de la langue française font également partie de la formation professionnelle tout au long de la vie. »

Je n’ai pas connaissance d’éléments statistiques en la matière. De ce que nous pouvons ressentir d’une manière générale c’est l’insuffisance de la prise en compte de cette question à tous les niveaux d’intervention sur la mise en œuvre de plan de formation et de sensibilisations des acteurs et des publics.

Le plus souvent nous avons pris cet élément en compte d’une manière globale dans l’objectif de lutte contre l’illettrisme dans son acceptation commune à savoir que nous parlons d’illettrisme pour les personnes qui ont été scolarisées en France et qui n’ont pas acquis une maîtrise suffisante de la lecture, de l’écriture, du calcul des compétences de base pour être autonomes dans les situations simples de la vie courante. Il s’agit pour elles de réapprendre, de renouer avec la culture de l’écrit, et avec les formations de base.

Mais la loi précise bien qu’en plus de la lutte contre l’illettrisme, les actions en faveur de l’apprentissage de langue française fait également partie de la formation professionnel. Et cette action concerne bien les nouveaux arrivants dans un pays dont ils ne parlent pas la langue. Il s’agit de son apprentissage. En France, on parle du "Français langue étrangère".

Nous devons reconnaître le manque de prise en compte de cet aspect. Et, quand il est pris en compte on cumule acquisition des savoirs fondamentaux et apprentissage du français langue étrangère, posant à priori le lien entre les deux. Ce qui est loin de correspondre à l’ensemble des situations.

Dans ce cadre notons, pour l’exemple, le travail conduit par le FAF.TT (le Fond d’Assurance Formation du Travail Temporaire) qui a mis en place un dispositif de formation liant acquisition d’une compétence professionnelle et formation linguistique. Quand nous les avions rencontrés deux référentiels étaient mis en place l’un de maçon/VRD. La Commission paritaire nationale de l’emploi (CPNE) du Travail temporaire et l’OPCA de branche (FAF-TT) ont recherché les moyens d’insertion des publics rencontrant le plus de difficultés pour évoluer professionnellement. Il est apparu nécessaire dans certains cas de combiner l’acquisition d’un premier niveau de qualification avec des actions visant à l’apprentissage des savoirs de base ». C’est dans cette combinaison que se situe l’originalité du dispositif.

Sans doute ces exemples sont trop rare et loin de répondre aux besoins. C’est pourquoi je me risque à quelques propositions.

En premier lieu, en interrogeant mes camarades en charge du dossier de la formation initiale et professionnelle, nous avons pris conscience ensemble de la nécessité d’approfondir notre connaissance des besoins et des actions mises en œuvres. C’est à partir de ce travail d’analyse que nous pourrons faire émerger des préconisations précises.

Dès à présent nous pouvons souligner quelques points d’insistance :

- Un vaste effort de sensibilisation des directions d’entreprise et également des élus des instances possédant un droit d’information et de proposition en matière de formation professionnelle doit être envisager si nous voulons progresser.

- Nous avons besoin de repenser nos actions de formation et de sensibilisation. La réflexion sur la création d’un module de formation sur les questions de l’illettrisme et de l’apprentissage du français langue étrangère pourrait être une première réponse

- Nous ne devons pas négliger, non plus, le rôle de la presse syndicale pour sensibiliser les élus, les syndiqués et l’ensemble des salariés à cette question.

Serge Le Glaunec

Le 13 décembre 2012

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